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Une brillante civilisation de l'Âge du cuivre en Europe du sud-est

 

La culture Gumelniţa

 

La culture Gumelniţa, définie à partir des fouilles du tell éponyme de Gumelniţa, marque, à côté d’autres cultures plus ou moins contemporaines, la période énéolithique en Roumanie pendant le Vème millénaire av. J.C.

 

 

"Les amoureux"

 

L’aire de diffusion de la culture Gumelniţa couvrait la partie méridionale de la Roumanie (Muntenie et Dobroudja), la moitié est de la Bulgarie (sous le nom de Kodjadermen-Karanovo VI), elle s'étendait  jusqu’à la Mer Egée.

Son évolution a été scindée en deux grandes phases, A et B, chacune comprenant deux étapes  A1- A2 ;  B1 - B2 , dont les trois  premières sont documentées du point de vue stratigraphique.

Parmi les éléments spécifiques de la culture on doit  tout d’abord  mentionner les établissements du type tell, entourés parfois d’enceintes, une organisation  rigoureuse de l’espace  régissait ce type d'établissement préurbains. En Roumanie l'un des plus grands, le tell d'Hirsova mesure près de 200 m de diamètre pour une hauteur d'environ 12 m.

Principales caractéristiques

Les communautés Gumelniţa vivaient dans des villages constitués de plusieurs bâtiments dont  les fondations, les sols et partiellement les murs sont connus grâce aux  fouilles réalisées sur plusieurs sites d'occupation de cette période, mais les représentations de ces "maisons" nous sont également  parvenues sous forme de représentations en céramique. Une des caractéristiques de ces établissements est de livrer un nombre assez  important de maisons incendiées, cette caractéristique n'est pas propre à cette culture car elle est fréquente dans les cultures Vinca Tizapolgar, Cucuteni ... occupant le sud-est Européen.

   Représentations de maisons énéolithiques

La production céramique représente un des traits caractéristiques de la culture Gumelniţa, tant par sa quantité que par sa qualité. On remarque la céramique fine, d’une facture remarquable, tant du point de vue de la qualité de la pâte, que de la très bonne cuisson. Une caractéristique du décor est l’emploi de la  peinture au graphite. Ce procédé suppose une technique assez compliquée de double cuisson au four, la seconde à une température de 1100°C. Assurément les potiers de la culture Gumelniţa maîtrisaient parfaitement leur art.

                 

         

Bol à carène basse; jarre ; écuelle ; support de vase

Le mobilier lithique est typologiquement composé d'outils relativement "classiques" pour la période préhistorique toutefois la maîtrise de la technique de débitage se  remarque par la richesse des outils , certaines lames de haches  pouvant atteindre 30 cm de longueur, les  longues lames légèrement courbes en silex pouvant également mesurer  plusieurs dizaines de centimètres, les  armes  (pointes de lances et de  flèches) parfaitement symétriques débitées par retouches rasantes dans des  silex  de qualité, exploités dans les gisements de la plateforme pré balkanique, sont d'une facture exceptionnelle.

                                             

                                                 Pointe de lance       Haches taillées en silex       Haches marteaux

 

       

        

                                               Flèches              Haches et ciseaux polis             Grattoirs

 

L'industrie osseuse et la production d'un grand nombre d'objets variés sont également une des caractéristiques importante de cette culture.

 

             

            Pointes de flèches en os ; Plaquette décorée ; Chaise et  Tables  miniature ;

 Objets en os ; Aiguilles et spatules en os

 

Divers objets témoignent également d'une intense activité cultuelle, notamment de nombreuses statuettes anthropomorphes et zoomorphes ainsi que quelques objets "cultuels" dénommés "temples ou sanctuaire "

                                                            

                                   Statuette au vase sur la tête     Sanctuaire miniature   Statuettes sur plaquettes d'os

                                                                                        

                                                           Tête de cerf                                       Loup                             

L’existence de riches sources de matière première accessibles, un niveau technologique élevé (notamment pour l’obtention de hautes températures) le développement sans précèdent de la métallurgie du cuivre.sont étroitement liés à une évolution des sociétés dans lesquelles la  différentiation sociale est  de plus en plus marquée.  Même s'ils sont  rares c'est durant cette période qu'ont été confectionnés les plus anciens objets de parure en or de tout l’énéolithique de la région du Bas-Danube. Les artisans du complexe Gumelniţa-Kodjadermen-Karanovo VI ont inventé l'orfèvrerie vers le milieu du Vème millénaire av. J. C.

      

Aiguilles, Ciseaux et haches en cuivre                                        Parure en or

Les pratique funéraires

      Les rites funéraires de la culture Gumelniţa sont connus au travers de l'étude de plusieurs nécropoles pouvant être composées de plusieurs centaines de tombes. La plus célèbre d'entre elles est  la nécropole de Varna en Bulgarie (300 tombes), celle-ci a livré  trois catégories de rituels :

      - Des "tombes symboliques" cénotaphes,  ne contenant aucun corps mais un riche mobilier en or et cuivre dont 3 avec des visages moulés dans l'argile.

      - Des tombes à inhumation en position allongée sur le dos (masculines),  quelques-unes dotées  d'un exceptionnel mobilier en or,  cuivre , céramiques peintes, os, pierre...

     - La troisième catégorie d'inhumation livrant des tombes "classiquement" connues pour cette période, le corps  en position repliée plus ou poins richement dotées, quelques unes contenant également des objets en or et cuivre

  

Tombe 43 de Varna, mobilier en or (llustrations : droits réservés au Lycée scientifique de Varna, Bulgarie)

I

 

                          

Le plus ancien collier en or et cornaline (nécropole Varna 2), un réchaud richement orné

 (photos  Michel Lambert,  objets exposés au musée de Varna)

Les tombes d'une richesse exceptionnelle attestent la présence d'individus détenteurs de pouvoirs ou de richesses hors du commun, elles sont considérées comme le témoin d'une hiérarchisation de cette société, notamment à cause de la présence du sceptre chez certains. La nécropole de Varna a livré 3020 objets en or  représentant 28 types pour un poids total de près de 6kg, ; il est à noter le la tombe 43 a livré à elle seule 1,516 kg  d'or.

Les communautés de la culture Gumelniţa de la zone au Nord  du Danube ont également choisi pour l’inhumation de leurs morts de réserver un emplacement spécifique en dehors des établissements constituant souvent une véritable nécropole. Le rite funéraire était celui de l’inhumation, le corps déposé en position recroquevillée (foetale)  le plus souvent sur le côté gauche.

 Il est cependant assez difficile d’établir des caractéristiques  générales pour le  rituel d’enterrement. On a découvert autant de tombes révélant un inventaire relativement riche que de complexes dans lesquels on a enregistré uniquement quelques pièces. A côté des défunts ont été déposé diverses offrandes funéraires, outils et objets de parure en cuivre, objets de parure en coquillage (Cardium, Dentalium, Spondylus), outils en pierre et en os, parfois quelques  objets en or.

Les plus grandes nécropoles de la culture Gumelniţa de Roumanie sont celles de Vărăşti-Grădiştea Ulmilor (118 tombes) et Chirnogi-Şuviţa Iorgulescu (54 tombes). 

Remarquables sont les enterrements identifiés dans le cadre même des établissements (villages). De nombreux cas de squelettes d’enfants enterrés au-dessous du sol des habitations on été identifiés et étudiés. Quelques-uns portant des traces évidentes de malformations (Hârşova, Borduşani-Popină), le décès étant dans ce cas le résultat d’une action violente. On ne peut donc exclure l’existence de sacrifices rituels.

Dans quelques cas on a remarqué des dépôts des crânes humains situés au-dessous ou près de fours ou autres aménagements, situation qui a été mis en relation avec un possible culte du crâne. Plus difficile a expliquer est la présence des ossements humains dans les zones d’accumulations des  déchets ménagers des établissements (Hârşova).

Dans le cadre des premières recherches archéologiques réalisées par E. Comşa sur l’établissement-tell de Luncaviţa ont été découvert, les os des pieds et une partie du bassin d’un squelette humain qui se trouvaient au-dessous des débris d’une habitation incendiée. Compte tenu que cette découverte avait été faite lors d'un sondage il est difficile d'en tirer des conclusions, s'agissait-il d'une tombe d'un accident ou autre ?

Les rites funéraires comme les modes de vie ne sont interprétés qu'au travers des éléments matériels fragmentaires mis au jour, beaucoup de question restent à résoudre, mais il est sûr que les communautés Gumelniţa avaient déjà atteint un niveau d'organisation sociale avancée.

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Fond documentaire :

La plupart des photographies de cette page sont extraites du CD :

O civilizaţie "necunoscută": Gumelniţa

(Une civilisation méconnue : Gumelniţa)
 Copyright: © cIMeC 2001 şi autorii textelor şi ilustraţiilor
  ISBN 973-85287-3-9

Pour en savoir plus : Liste et références des objets présentés dans cette page

Avec les remerciements aux auteurs de ce document

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